Naissance de M
M est devenu au fil des jours une mascotte, si l’on puis dire.
Il a attérit dans ma vie comme un escargot sur la vitre d’une voiture : il n’avait rien à y faire. Il se cachait, dissimulé sous un tas de feuilles de brouillon, fuyait, au moindre petit coup de vent, tremblait, surtout près de la cheminé.
M, ce petit dessin sur un bout de papier n’avait pas sa place dans ce monde. Il ne voyait qu’un avenir : la décheterie, ou au mieux, feuille de brouillon à son tour... Il déperrissait dans le noir et l’humidité.
Le surprenant à l’agonie, j’ai eu enfin pitié, et lui ai donné une seconde vie. Maintenant, il a la plus belle place sur le site, la place du roi, celui devant qui tout visiteur s’incline : il est devenu logo.
Il n’en est pas peu fier M. Ca se voit : il sourit !
Pourquoi un M ?
A l’origine, M, encore petit dessin avait à ses coté un 2. Tous les deux ils devenaient magiques, prenaient du sens, ils formaient M².
Leur union ainsi reflétaient leur dessinateur : deux M comme sur Matthieu Marcillaud, un esprit plutôt cartésien, ou encore un regard curieux sur les sciences et les technologies qui le fascinent.
La déchirure a été longue mais 2 a préféré se découper malgré la résistance des fibres. C’est qu’enlever le carré d’un mot n’est pas chose facile : il faut prendre les maux par la racine.
M² s’est ainsi dénudé, a évolué vers des impressions vagues, s’est ouvert aux arts parfois abstraits, a prolongé sa racine vers les relations humaines...
Cela ne l’a pas empêché pour autant de divorcer de 2. Tous les efforts de reconciliation ont été vains. 2 est parti, dit-on avec i. Ils forment un couple assez complexe, souvent pessimiste, toujours négatif.
M, lui, dans son coin, s’est laissé allé, a pris des joues. Se sentant inutile, il a préféré se cacher.
Mais comme je vous l’ai dit : je l’ai trouvé, et maintenant, il vit des jours heureux ; regardez le comme il est joyeux !
Marcimat (Matthieu Marcillaud)
Le 25 mai 2003,
A mon bureau,
Angoulême.