Porte ouverte du 6 avril 2008

, par Matthieu Marcillaud

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Comme tous les 1er dimanche du mois, la porte ouverte de la ferme « Au Petit Colibri » invite les visiteurs à découvrir le lieu et ses pratiques agricoles. Une vingtaine de personnes se sont déplacées ce jour-ci.

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Le printemps qui revient amène les premières fleurs et les belles surprises parfois aussi. Les pêchers installés dans les buttes de maraichage étendent leurs premières pétales. De nombreux panais se sont ressemés tout seuls et ont même pris de l’avance sur le calendrier ; des choux fleurs ont repoussé depuis les pieds de l’année passée, laissés en terre, et certains pèsent même jusqu’à 8kg, c’est la balance qui le dit !
Des semis directs à la volée de poireaux ont étonnamment bien fonctionné... et toujours pas de traces de limaces dévastatrices ! Bref, la vie du lieu va plutôt bien.

Une butte, ça a quelle dimension ?

Les buttes de Richard font 1,20m de large, 50cm de haut au
sommet. Elles sont séparées par des allées de 50 cm. C’est la terre des
allées (et uniquement) qui a servi à créer les buttes en pelletant la
terre sur 30 cm de profondeur.

Comment cultiver les buttes de maraîchage

Pendant la visite de la zone de maraîchage, Richard explique comment
il organise l’espace des cultures en fonction des associations bénéfiques
entre les légumes entre-eux ou entre légumes et plantes aromatiques.

Les plantes sont aussi disposées dans les buttes en fonction du lieu
d’implantation : au sommet, sur les coteaux ou sur les arrêtes qui
séparent ces deux zones.

Les coteaux :
Ils reçoivent la famille des alliacées, : poireau, ail,
échalote, oignon, poirail. Ils sont implantés sur 2 lignes en
quinconce et de façon suffisamment espacé pour y mettre éventuellement des
salades.

Les arrêtes :
On y trouve par exemple des choux espacés de 40 à 50cm sur la
ligne que forme l’arrête. L’arrête opposée recevra la même ligne de
choux, mais en quinconce avec l’arrête déjà implantée.

Le centre :
En association avec les choux Richard implante ici et là quelques
céleri-rave ou céleri-branche et encore quelques céleri-perpétuels. Il ajoute ensuite des haricots en "poquets" [1]. Le haricot fait parti de la famille des légumineuses (appelée aussi Fabaceae). Ces plantes captent l’azote de l’air, un fertilisant nécessaire aux plantes. Les poquets de haricots sont répartis sur le sommet de la butte tous les 50cm de façon à alimenter régulièrement la butte en azote afin de fertiliser en particulier les choux.

Le centre ou les arrêtes :
D’autres légumes sont placés au milieu ou sur les arrêtes : salade, tomate, aubergine,
poivron, navet, betterave, carotte, etc. En fait tous les légumes sauf la famille des alliacés.

En périphérie des buttes, les bordures :
Les plantes aromatiques sont de bonnes associations pour les légumes. Elles ont un effet aérien à distance. Certaines peuvent être mises dans les buttes. Richard conseille de les mettre sur une butte non
cultivée et de ne surtout pas mettre la tanaisie dans les buttes de
cultures car elle est très envahissante ! Quelques plantes possibles : thym, sauge, romarin, lavande, sarriette, livèche (céleri-perpétuel), origan, mélisse, ...

Semailles à la volée

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Certains poireaux et des panais ont été semés à la volée. Les panais ont bien 1 mois d’avance ! Les buttes sont recouvertes de paille en permanence pour les protéger (et
protéger leur faune) du soleil brulant, du dessèchement du vent ou de la
pluie battante. Richard expérimente avec une couche de paille de 1cm
d’épaisseur environ pour faire du semis à la volée. Pour d’autres cultures comme les
tomates (plantées), la couche de paille peut faire 10 voire 20 cm d’épaisseur
localement autour du pied.

Le semis à la volée donne des résultats insuffisant pour le moment. C’est
une des voies de recherche effectuées au Petit Colibri.

Limaces ? Vous avez dit limaces ?

Eh bien non ! Il n’y en a même pas ! Les salades sont intactes. L’équilibre entre limace, escargot et leurs prédateurs (carabes et hérisson notamment) est établi depuis avril 2007. Voilà qui est enthousiasmant.

Pour cet équilibre, Richard réserve des espaces sauvages ou semi-sauvages
au bord des cultures. Ils servent de "niches écologiques" aux prédateurs.
Des tas de branchages et autres amas par exemple ont été disposés pour
servir d’abri aux hérissons. Les carabes eux habitent dans le sous-sol des buttes cultivées aussi bien qu’à l’extérieur des buttes. D’où l’importance de ne pas
labourer pour ne pas détruire ces insectes si utiles !

Informations sur la moutarde

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La moutarde fait partie des crucifères, elle est considérée comme un engrais vert, bien que son action soit différente des légumineuses (fixatrices d’azote) : elle évite fortement le lessivage des nitrates par érosion. On la dit « désinfectante » car ses graines contiennent des substances (voisines de celles de l’ail) capables de tuer certaines bactéries. Pour terminer, c’est une plante fortement mellifère.

Richard a semé de la moutarde dans sa serre, qui côtoie ainsi trèfle, salades, choux, radis...

Notes

[16 à 8 graines dans un trou de 3 cm de profondeur environ, recouvert de paille

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